Le projet de LA GARE a fait beaucoup parler à JEUMONT. C’est un objet de polémique.
Pourtant cet équipement a un rôle indiscutable à jouer si l’agglomération se dote d’une véritable politique de développement des technologies numériques.
Mais, depuis un an, rien n’a bougé.
C’est pour déclencher enfin une prise de conscience de l’ensemble des élus du territoire sur tout le potentiel à tirer de cet établissement que nous avons décidé
d’écrire au Président de l’agglomération et à tous les maires de l’intercommunalité pour leur rappeler ce qu’est ce projet.
Vous trouverez ci après l’intégralité du texte de la lettre.
A chacun d’entre vous, en dehors de tout parti pris politique, de se faire son opinion sur l’opportunité de ce projet.
Nous vous en souhaitons bonne lecture.
Le groupe des élus de l’opposition
587 rue Hector DESPRET
59460 JEUMONT
Jeumont, le 22 mars 2009
A
Monsieur le Président de l’AMVS
1 place du pavillon
59600 MAUBEUGE
Objet : « LA GARE » Plate forme d’art et de technologique numérique.
Copie : Les Maires de l’agglomération
Les représentants du MANEGE
Monsieur le Président,
Le projet de « LA GARE » à Jeumont fait partie des projets structurants de notre agglomération. Cependant, cette réalisation - qui doit être une fierté
pour la population de notre bassin car elle provoque l’admiration de tous ses visiteurs- ne connaît pas aujourd’hui un développement à la hauteur de son potentiel.
Un an après les municipales, localement, la polémique électorale est toujours aussi forte et aucune stratégie claire sur l’équipement ne semble se dessiner.
C’est pourquoi nous nous permettons aujourd’hui de porter à votre connaissance l’histoire de ce projet, sa genèse, ses
objectifs, la conduite du dossier qui, il est vrai, a subi de profondes transformations pendant les 10 ans qui ont couru de l’idée de départ à la livraison du bâtiment.
Nous avons aussi, par ce courrier, la volonté de sensibiliser aussi l’ensemble des délégués communautaires sur l’intérêt qu’il y a d’exploiter au mieux cet
équipement.
Un projet intercommunal.
C’est l’installation en Avesnois d’une antenne du CRRAV[i] qui amena les responsables du MANEGE et de ART ZOYD à contacter les élus[ii] en
1996 pour proposer de créer un lieu commun aux 3 structures afin de développer des activités mêlant l’image et les « nouvelles technologies ».
De leur côté, les élus avaient compris l’importance croissante de ces nouvelles technologies[iii] dans la vie quotidienne comme dans la vie économique et ils cherchaient un moyen
d’inscrire les communes dans ce courant.
C’est pourquoi il fut décidé de répondre favorablement à la demande du MANEGE et de ART ZOYD dans une démarche commune avec deux objectifs parallèles ; l’un
sur le développement culturel, l’autre sur le développement économique ; auxquels vient s’ajouter un troisième, le développement des
« pratiques amateurs », encadrées ou non.
La ville de Maubeuge ne pouvant proposer un lieu assez vaste, c’est le bâtiment de l’ancienne gare de Jeumont (requalifié par l’EPF[iv] mais sans affectation) qui fût choisi. Ce choix impliquait que le nouveau lieu
n’accueillerait que des antennes du MANEGE et de ART ZOYD, ceux-ci voulant garder leur siège respectif à Maubeuge.
Le projet trouva son financement par son inscription dans le volet « développement économique » du
GPV[v] et un concours d’architectes fut lancé.
La structure intercommunale n’était pas, à l’époque, juridiquement compétente pour porter le projet, ce fut donc la ville de Jeumont qui assura la maîtrise
d’ouvrage.
Cependant, on peut noter, dans le jury du concours d’architecte, la présence de :
M. MONTARON, président du Manège,
M. TOMMASINI, président d'ART ZOYD,
M. BONNECHERE, « secrétaire général » de la communauté de communes du Val de Sambre,
M. DELBOUILLE, agence de développement et d'urbanisme de la Sambre,
Ce qui démontre bien le caractère intercommunal du projet dès son origine. Plus tard, la ville de Jeumont confirmera l’intérêt intercommunal en signant un courrier
qui l’engage à accueillir, dans ce nouvel équipement, le studio image et son du MANEGE « les nouveaux nouveaux mondes » localisé à tort dans des locaux, rue de la croix, financés par
l’Europe pour un tout autre usage.
Un projet qui a évolué.
L’équipe de maîtrise d’œuvre choisie en juin 2000 va devoir modifier en profondeur son projet lauréat car le GPV laisse sa place à l’ANRU[vi] ; il va falloir réajuster le programme pour répondre aux transformations
demandées par les financeurs. Ainsi, des salles de musique et de danse devront être intégrées au projet pour mieux répondre aux critères de l’ANRU qui ne reconnaît et n’accompagne que les
équipements de proximité. Mais là encore, le projet marque son caractère intercommunal par la qualité et le nombre des différents studios qui répondent à un usage professionnel, c'est-à-dire
d’une qualité bien supérieure à celle d’une simple école de musique communale. Les nouvelles salles doivent répondre à des usages intercommunaux, être cohérentes avec la politique culturelle
menée par l’Agglo et en favoriser le développement, notamment le plan musique et les pratiques amateurs autour des ateliers du pavillon. C’est la multitude d’utilisateurs envisagée (écoles,
associations, groupes, compagnies, résidences,…) qui justifie la réduction des espaces de stockage du matériel : il n’était pas question que les écoles ou associations communales
s’installent à demeure dans LA GARE.
Parallèlement, une étude de désenclavement numérique est engagée ; elle sera, elle aussi, à la demande de l’Etat et de la région, de portée
intercommunale.
La recherche de partenariat transfrontalier aboutit à la signature de programme interreg III & IV. Ce programme s’appuie sur le développement d’une offre de
formation audiovisuelle à très hautes valeurs ajoutées (souvent uniques en Europe : écrans mobiles, hologrammes, motion capture…) autour du projet CECN[vii].
De plus, à ce jour, l’audiovisuel, pour la Région Nord Pas de Calais apparaît comme un axe possible de développement du territoire à fort potentiel et des
passerelles semblent envisageables avec le Valenciennois, le Fresnoy, Wallers-Arenberg….
A la suite des « JUPITERIENNES », (inclues dans le programme de « LILLE 2004 ») le festival " C TROP COURT !", destiné à
promouvoir l’équipement, a été créé et a été retenu dans le programme des festivals d’agglomération de l’AMVS.
Entre temps, ART ZOYD a quitté Maubeuge, le CRRAV change de politique avec un nouveau directeur qui recentralise et abandonne les antennes; le MANEGE reste le seul
interlocuteur du projet d’origine mais un projet dont les modifications entraînent des changements radicaux dans le mode de fonctionnement du bâtiment. Ce nouveau mode de fonctionnement
nécessitera de retravailler le partenariat prévu avec le MANEGE
Et maintenant ?
La longue durée de réalisation du projet, les changements de politique intra et extra communautaire, l’absence de vraie politique locale de développement des
technologies numériques …etc…, les causes qui ont conduit à ce que LA GARE n’ait pas encore atteint ses objectifs sont nombreuses.
Nous avons pu aussi constater que l’étude TACTIS (désenclavement numérique) n’a été suivie d’aucune action, que la « CITE DE LA GEOMETRIE » n’a pas
effectué la veille technologique sur le matériel des studios comme elle s’était engagée à la faire et que, au conseil d’administration du MANEGE, le débat sur la convention d’occupation des
locaux de LA GARE avait été retiré de l’ordre du jour.
Notre proposition d’engager en commun un développeur du site n’a toujours pas eu de réponse pourtant, des « profils » et des travaux préparatoires ont été
rédigés par des « privés » ou par l’ADUS.
Pointer aujourd’hui du doigt des responsables ne servirait pas à grand-chose.
Mais ce qui est certain, c’est que l’agglomération n’a toujours pas de politique cohérente de développement de technologies numériques alors que l’Etat prépare déjà
une nouvelle phase (France numérique 2012) et que LA GARE possède le potentiel pour être un équipement incontournable à l’entrée de notre
agglomération dans l’ère du numérique.
Alors que, à quelques kilomètres d’ici, en Belgique, les projets numériques sont nombreux et importants ("Digital Innovation Valley", Parc scientifique Initialis,
call centers, Microsoft, Google …..),ici, l’agglomération risque de prendre un retard dans ce domaine comparable au retard sur les routes pris il y a
40 ans.
Rappelons au passage que, avec les chaînes numériques (TNT) et les chaînes Internet qu’il faut alimenter, la demande en contenu et les besoins en professionnels
sont croissants.
A côté d’un enseignement magistral qui est du ressort de l’éducation nationale, l’existence de cet équipement propose un développement plus souple et
plus proche des réalités très changeantes des technologies numériques.
En conclusion, nous demandons à l’agglomération de reprendre rapidement ce dossier qui englobe développement économique, formation, culture, technologie et sur
lequel elle a des engagements. Nous renouvelons la proposition d’engager un développeur dont l’objectif serait d’abord de définir le nouveau projet en lien avec les nombreuses modifications
intervenues depuis le départ. Puis de trouver les partenaires, les financements pour mener à bien ce projet.
Rappelons enfin que le portage de toute cette action peut être fait soit directement par l’agglomération soit par une structure autonome (la création d’un
EPCC[viii] a fait l’objet d’une étude préliminaire).
Après avoir rappelé l’ampleur du travail accompli, nous espérons que tous les efforts, l’engagement, et le travail consentis par nombre de techniciens et d’élus ne
seront pas vains et que l’agglomération pourra, à terme, en profiter.
Dans cette attente, restant à votre disposition pour tous compléments d’information, nous vous prions d’agréer, monsieur le Président, l’expression de nos
respectueuses salutations.
Pour les élus de l’opposition au conseil municipal,
587 rue Hector DEPRET
59460 JEUMONT
[i] Centre Régional
de Ressources Audiovisuelles
[ii] D’abord
à Maubeuge puis à Jeumont
[iii] Appelées aujourd’hui « technologies numériques »
[iv] Etablissement Public Foncier
[v] Grand
Projet de Ville : le quartier de la gare était un des sites du projet intercommunal baptisé « GPV Val de Sambre »
[vi] Agence
Nationale de Rénovation Urbaine
[vii] Centre
d’Ecriture Contemporaine et Numérique
[viii] Etablissement Public de Coopération Culturelle
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